Zoo de Granby hiver 2019-20
Netrevolution Forfaits internet & Téléphonie illimité

Accueil   Chroniqueurs   Partenaires   Contactez-nous          
Annonces Classées Maison à vendre Concours Magasin général Calendrier INFOLETTRE
  Disparition d'un adolescent à Sherbrooke
 
ACTUALITÉS
Estrie
En bref
Ça se passe chez nous!
Affaires & juridique
Sports
Culture & Événements
Memphrémagog
Habitation
Automobile
Santé et Beauté
Famille
Découvertes
L'actualité en vidéos
L'actualité en photos
Blogue
Automobiles Val Estrie février 2020
CHRONIQUEURS /
Être LGBTQ+ en Estrie
Sarah Beaudoin Par Sarah Beaudoin

Lundi, 10 juin 2019

Mon nom est lesbienne, mais vous pouvez m’appeler Sarah


Je me sens aussi souvent déshumanisée par certaines personnes qui me voient comme la militante, pas comme la personne.

 Imprimer   Envoyer 
crédit photo: Pixabay

S'afficher publiquement comme personne LGBTQ+ a ses grands avantages et ses failles. Encore à ce jour, je n'ai aucune idée si j'ai fait le bon choix en m'affichant. Je suis confiante que ça me permettra de faire des changements de société nécessaires. D'un autre côté, pour moi, ma personne et mon bien-être, je dois avouer douter quelques fois de ma décision.

Mise en contexte (sortez les violons!) : Je viens d'une famille libérale et conservatrice. Ce sont de très bonnes personnes, mais aucunement sur le même spectre politique que moi. Mon implication a donc démarré au cégep, dans des comités étudiants. Entre le cégep et l'université, on m'a diagnostiqué plusieurs tumeurs bénignes au niveau de la tête, mais je n'ai su la partie « bénigne » que quelques années après le diagnostic initial. Ça a été la plus grande période d'introspection de toute ma vie. Cette expérience m'a tellement sortie de mon confort habituel et montré mon potentiel et ma force intérieure que j'ai décidé que je deviendrais militante pour le reste de ma vie. Je me suis alors lancée en communications et j'ai continué mes implications militantes. Dans la foulée, j'ai réalisé que j'étais lesbienne et, tout particulièrement pour pouvoir contribuer aux changements sociétaux en lien avec les communautés LGBTQ+, j'ai fait mon coming out sous forme d'article dans un journal communautaire.

J'aimerais vous dire que je suis le stéréotype tout craché d'une joyeuse femme queer depuis ce coming out et que je ne fais que voir des papillons et gambader sur des arcs-en-ciel, mais ce n'est pas le cas. Ces derniers temps, je me trouve paranoïaque. En publicisant la plupart de mes accomplissements, j'ai comme ce sentiment de jugement constant, celui de se faire regarder par-dessus ses épaules, constamment. Je suis transparente et sincère dans mon implication militante. Transparente semble positif. Ça dépend toujours qui te vois dans cette transparence. Certain.es «allié.es» peuvent utiliser cette transparence pour s'incruster dans ta vie et essayer de te rendre malheureuse. Ces «allié.es» sont souvent simplement en train de souffrir et de se déprécier, sentiment qu'ils ou elles projettent ensuite sur toi. Je me sens aussi souvent déshumanisée par certaines personnes qui me voient comme la militante, pas comme la personne. Mon rôle de lesbienne, c'est d'informer les gens, pas de pleurer sur mes propres événements de vie. Je n'ai pas le droit d'arrêter pour broyer du noir, prendre une pause, j'ai une responsabilité, me dit-on. Mon rôle comme femme queer c'est d'être parfaitement définie. Voyons donc toi, te définir comme femme queer, c'est tu encore une autre niaiserie pour sortir du lot ? Maudit que ce serait plus facile si je pouvais juste fermer ma gueule, mettre une robe et croiser mes jambes. De tels commentaires, reçus assez couramment, par des personnes qui me connaissent ou non, déshumanisent assez facilement.

Ces pratiques sont beaucoup trop courantes auprès de personnes militantes. Elles sont tout particulièrement insistantes chez les personnes de diversité sexuelle et de genres et/ou racisées, puisque ces personnes sont socialement objectivées depuis des années. Bien que les nouvelles technologies puissent être utilisées à bon escient, plusieurs individus choisissent de l'utiliser négativement en essayant de détruire un autre individu. C'est rapide, facile et tu n'a pas l'impression de t'adresser à un.e humain.e alors tu as le loisir d'être aussi acerbe que désiré. Bien que nombreux et souvent déclencheur de remises en question, ces obstacles ont formé la personnalité que j'ai présentement et ont contribué grandement à ma résilience. Le militantisme étant une de mes passions, je ne voudrais jamais arrêter de militer.

La beauté de ces implications c'est le fait que malgré les obstacles, des militant.es continuent d'en mettre sur pied et de persévérer pour qu'il y ait un changement de société qui s'opère. Ma relation avec le militantisme queer est imparfaite et changeante, mais je ne la changerais pour rien au monde. Et, lorsque le doute me prend, je ferme les yeux et pense à la dame pour qui l'une de mes conférences lui a fait avouer sa propre orientation sexuelle, aux merveilleuses personnes dont j'ai croisé le chemin à travers toutes ces implications et tout ce que j'ai retiré de nos entretiens, ou encore, au jour où j'ai décidé de faire mon coming out publiquement et que je n'ai pu arrêter de sourire du reste de la journée. Ces journées, dans la tourmente et la tempête, font en sorte que je n'ai même pas envie de flancher.

Un message de solidarité aux personnes LGBTQ+ voulant faire un changement de société et se sentant seules. Vous n'êtes pas seules, nos communautés ne font que grandir et prendre de la force. Nous y arriverons en un seul morceau.


Estrie Marine dec 2019
Devenez membre de notre facebook
  A LIRE AUSSI ...
L'art du graffiti bienvenu sur les murs de Sherbrooke

L'art du graffiti bienvenu sur les murs de Sherbrooke
Deux suspects recherchés pour vol et recel

Deux suspects recherchés pour vol et recel
Cogeco  Rythme FM - Printemps 20
NOS RECOMMANDATIONS
La question des Premières Nations

La question des Premières Nations
Les meilleures joueuses du hockey féminin à Bishop’s

Les meilleures joueuses du hockey féminin à Bishop’s
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

Inscription Infolettre EstriePlus.com
Lesbecs.com_1
 
Daniel Nadeau
Mercredi, 26 février 2020
La responsabilité du chroniqueur

René Dubreuil
Mercredi, 26 février 2020
Une rose verte pour les gens atteints de cancer

Jérôme Blais
Mercredi, 26 février 2020
Golf: Une amorce de l'élan arrière en douceur

François Fouquet
Lundi, 24 février 2020
Viens donc te battre, on va régler ça!

Pierre-Olivier Pinard
Vendredi, 21 février 2020
Alimentation et système immunitaire : déjouez les virus

JD 13 fev 2020
1077 Printemps 20
Une entreprise de Magog reçoit un sérieux coup de pouce financier Vendredi, 21 février 2020
Une entreprise de Magog reçoit un sérieux coup de pouce financier
Suspect recherché pour agression sexuelle Mardi, 18 février 2020
Suspect recherché pour agression sexuelle
Les jeunes interpellent la CAQ sur le climat Jeudi, 20 février 2020
Les jeunes interpellent la CAQ sur le climat
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2017 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous