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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 14 juillet 2021

Haïr les idées et les intellectuels…



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J'ai lu avec plaisir le roman de Giacomo Papi intitulé Le recensement des intellectuels de gauche publié chez Grasset. Un roman qui est bien de notre époque. Il radiographie les passions tristes de la politique contemporaine et nous plonge dans une réflexion sur le populisme. Les personnages mis en scène par Papi évoluent en Italie, mais ils auraient pu tout aussi bien être issus de France, du Royaume-Uni et tout particulièrement à mon sens du Québec. Réflexion libre sur la condition intellectuelle québécoise et canadienne.

Le propos d'un roman 

Livre Dans un talk-show comme il en existe beaucoup chez nous, le professeur Prospero se trouve parmi de nombreux invités où se mêlent écrivains, chanteurs, sportifs et comédiens, le professeur Prospero naïvement en réponse à une question cite le philosophe Spinoza. Cela provoque un scandale sur le plateau. L'animateur sur un ton grave lui répond que « ceci est un programme qui s'adresse aux familles, et les gens qui ont trimé toute la journée ont le droit de se détendre sans se sentir inférieurs. » Le public présent hue le professeur. Le ministre de l'Intérieur présent sur le plateau tance le professeur Prospero en lui disant qu'il devrait avoir honte de son élitisme. Les médias sociaux se déchaînent. Sur Twitter, ghiolia 71 écrit « On t'aura enfoiré de mes couilles ». Rentrant chez lui le professeur Prospero est sauvagement assassiné à coup de batte de baseball.

Cet événement servira de toile de fond à la mise en scène de l'enquête de la fille du professeur Olivia qui cherchera à comprendre ce qui s'est passé, elle qui vit au Royaume-Uni et qui a quitté l'Italie depuis plusieurs années. Le ministre de l'Intérieur qui deviendra le premier ministre de l'Intérieur qui était un collègue de classe d'Olivia lui fera part de l'importance et de l'avantage électoral à honnir les écrivains, les intellectuels et les penseurs. Pour protéger ces derniers de la violence du peuple, on procédera au recensement des intellos de gauche et on réformera la langue italienne en bannissant des milliers de mots des dictionnaires qui seront jugés désormais trop compliqués pour le peuple. Mélange d'ironie, d'humour et de critiques contre le populisme contemporain, ce roman rappelle à certains égards 1984 de George Orwell, mais le ton est léger et sarcastique. On s'amuse à lire dans le cours du roman tous les mots qui sont bannis et les notes en bas de page établissent un dialogue entre le lecteur et les censeurs. Un roman à lire et riche de réflexion sur notre société.

Chez nous...

Au Québec, nous avons un héritage un peu bigarré par rapport aux intellectuels. Il n'y a pas si longtemps, moins de 75 ans, nous avions un premier ministre qui se faisait fort de faire à semblant qu'il était inculte et qui avait popularisé l'expression « L'éducation c'est comme la boisson, il y en a qui ne porte pas cela ». Sous le règne de Maurice Duplessis, il était de bon ton de prêcher un antiintellectualisme primaire. Cela, d'autant que les intellectuels de l'époque réunis autour du journal Le Devoir et de quelques revues intellectuelles comme Cité libre ou le journal Le Jour étaient des opposants déclarés au régime de Maurice Duplessis.

Dans la foulée de la Révolution tranquille, de la création des Cégeps et du réseau des universités du Québec tout particulièrement l'UQAM, on pourrait croire que l'antiintellectualisme primaire qui avait caractérisé le régime de Duplessis était chose du passé et que dorénavant, il y avait place au Québec pour une vie intellectuelle riche animée par des débats à la hauteur de notre soif de connaissance. Or, si cela fut vrai à une certaine époque, on doit se rendre à l'évidence que le mépris pour les intellectuels est toujours une caractéristique importante du Québec d'aujourd'hui. Cela se manifeste dans le sillage de la montée du populisme et de cette idée que nous sommes tous égaux au point où les connaissances des uns et des autres ne peuvent faire le poids devant les opinions de Joey le quidam.

Nous avons eu une manifestation probante durant la pandémie que nous venons de vivre où les opinions des scientifiques étaient mises au ballotage par celles et ceux qui faisaient leurs propres recherches sur le Web. Les experts, les gens qui savent sont devenus des membres d'une élite qui était aux premières loges d'un complot international visant à nous priver de nos libertés les plus fondamentales. Je sais que cela est un phénomène très marginal, néanmoins, on ne peut que s'étonner de constater que des discours si peu sensés puissent avoir eu de la traction dans la société québécoise en ce début du 21e siècle. Mon propos c'est de penser que cela était possible grâce au terreau fertile d'une tradition d'intellectualisme qui est présente au Québec.

Bannir les idées émergentes

Une autre manifestation de cet anti-intellectualisme primaire peut observer sur les propos hargneux qui sont colportés par des intellectuels envers ce qu'ils appellent la génération woke. Souvent des gens plus jeunes, peu sensibles à la rhétorique nationaliste, ces jeunes qui sont souvent issus de la diversité sont mis sur le banc des accusés pour leur méconnaissance et leur insensibilité au Québec profond. Urbaine et résolument internationaliste, cette jeune génération n'a que faire de nos vieux débats identitaires et des souffrances de nos ancêtres alors qu'ils découvrent que cette société d'opprimés a souvent été complice du sort réservé aux nations autochtones ou encore envers différentes minorités. Malgré un discours fort enjolivé sur notre volonté d'intégrer les gens issus d'ailleurs, ils ne peuvent que constater que la discrimination existe toujours envers des gens racisés et tout particulièrement envers les membres des nations premières qui habitent sur notre territoire. Ils sont aussi un peu ébranlés par le fossé qui sépare nos bonnes intentions pour lutter contre les changements climatiques et les gestes concrets que nous posons comme société pour réduire les effets de ces changements climatiques.

Devant ces interrogations, nous ne trouvons rien de mieux que de condamner ces jeunes et la génération woke dans une hargne qui n'a rien à envier aux thuriféraires de la chasse aux communistes d'une époque pas si lointaine.

Bien sûr, je reproche aussi à ces jeunes de méconnaître des pans importants de l'histoire du Québec et du Canada, de tourner parfois les coins ronds dans leur rhétorique combative et d'avoir la condamnation facile. Parfois même je trouve qu'ils se comportent comme les curés de mon enfance. Cela dit, toutes les générations ont le devoir de vouloir changer le monde dans lequel ils vivent et c'est leur destin que de condamner les vieilles croutes qui les ont précédés. Mais tout cela pourrait se vivre mieux s'il n'y avait pas au Québec cette vieille propension de haïr les idées et les intellectuels...


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